PLUS QU’UN
 MAGAZINE
UNE LÉGENDE

Problèmes de mise bas chez le bovin de boucherie

012-SPEC-L&F- PHOTO mère et veau

La rentabilité d’une opération vache-veau est étroitement liée à la naissance de veaux en santé et de mortalité réduite sinon nulle. Plusieurs raisons peuvent expliquer les mises bas difficiles, mais souvent une combinaison de facteurs mène à la mort du veau, soit à la naissance ou peu de temps après.

Le médecin vétérinaire Robert G. Mortimer, professeur associé au département des sciences cliniques du Colorado State University s’intéresse particulièrement à l’obstétrique bovine et particulièrement à la régie des vêlages. Selon lui, la raison première de perte de veau au vêlage est toujours la difficulté de mettre bas de la mère.

 

CAUSES

Il y a quatre liens principaux, bien établis par la recherche, engendrés par la difficulté de vêlage. Le premier, plus le vêlage est difficile plus il y a de risques de développement d’une maladie infectieuse chez le jeune animal peu après la délivrance. Des diarrhées et des maladies pulmonaires vont souvent menées à la mort du veau. Le deuxième, aussi lié au vêlage difficile, est la difficulté du veau à maintenir une température adéquate de son corps.012 - SPEC - L&F - Figure 1 Température du veau

Le troisième lien implique une diminution de l’absorption des anticorps protecteurs lors des vêlages plus difficiles.

Ses pertes peuvent être ajoutées à l’augmentation de mortalité de la mère, du coût des traitements et la diminution de productivité de la vache. Selon des recherches, les femelles ayant eu des difficultés à mettre bas, ont vu leur cycle de reproduction retardé et ont connu une réduction de conception de 15,9% comparativement avec des sujets qui ont accouché normalement.

Habituellement, les producteurs et les vétérinaires reconnaissent qu’une régie des vêlages est fructueuse lorsque le veau nait vivant. Le Dr. Mortimer préfère parler d’un bon vêlage lorsque la survie du veau et les capacités de reproduction de la mère sont optimiser.

 

STADE DU VÊLAGE

Le vêlage se divise en deux stades. Le stade 1 présente ou non des signes de travail chez les vaches matures, mais est plus évident chez les taures au premier veau. L’animal au pâturage va habituellement s’isoler et il y aura une liquéfaction des pertes vaginales et l’expulsion du bouchon cervical de l’utérus. La future mère démontre des signes d’inconforts et de douleurs, frappant sur son ventre et se tordant la queue. L’animal sera agité, se couchant, se relevant, sans trouver de positions confortables.

Le stade 1 commence par des contractions des fibres musculaires longitudinales et circulaires de l’utérus et fini lorsque le col est totalement dilaté et que des parties du fœtus entre dans le canal de naissance. C’est habituellement à ce moment que le premier sac (membrane chorioallantoïdienne) se rompt laissant échapper son liquide. Les contractions utérines se produisent à environ toutes les quinze minutes, et vers la fin du stade 1, aux trois minutes. Chez les bovins, le stade 1 dure de deux à six heures, et même plus longtemps chez les taures. Certaines mises bas anormales sont caractérisées par l’impossibilité de la vache ou de la taure de progresser vers le stade 2. Le veau peut mourir si une décision d’intervenir n’est pas prise.

012-SPEC-L&F- PHOTO vêlage Stade 2

 

Le stade 2 commence lorsque le col de l’utérus est complètement dilaté et que le second sac (le sac amniotique) contenant le veau entre dans le canal de naissance stimulé par de plus grosses contractions. Le sac amniotique non brisé est souvent aperçu à la sortie de la vulve, peu de temps après le début du stade 2. Ce phénomène est un excellent indicateur de la progression de la mise bas au stade 2. La douleur des contractions utérines force habituellement la plupart des vaches à se coucher. Les pressions abdominales importantes deviennent plus fréquentes, se produisant une à trois fois par minutes.

La présentation, la position et la posture du veau deviennent des facteurs très importants pour une parturition normale. En condition normale, le veau se présente vers l’avant, la position de son dos vers le haut et les pattes avant allongées avec la tête dans le canal de naissance. Tout autre positionnement, position ou posture peut engendrer des problèmes à la mise bas.

012-SPEC-L&F- Figure 2 - Bonne position du veau

012-SPEC-L&F- Figure 3 - Bonne présentation et position mauvaise posture du veau012-SPEC-L&F- Figure 4- Mauvaise présentation

 

Le stade 3 est relié à l’expulsion du placenta dans les 8 à 12 heures après l’expulsion du veau.

012-SPEC-L&F- PHOTO vêlage terminé

La réussite tient également compte de la santé de la mère, celle-ci doit rester en santé et retrouver rapidement ses capacités de reproduction.

 

ASSISTANCE ET INTERVENTIONS

Au vêlage, il est normal de voir une série de contractions fréquentes suivie d’une courte période de repos. La plus grande fréquence de contractions et leur force sont apparentes lorsque la tête est poussée à travers le canal génital et la vulve. Une courte période de repos peut survenir suivant l’apparition de la tête. Des efforts puissants sont encore requis pour pousser les épaules et le thorax du veau à travers le canal de naissance. La délivrance des hanches et des pattes arrière se fait habituellement facilement. Le processus, du début de l’apparition de la tête à la mise bas complète dure de 0,5 à 4 heures, mais les directives d’intervention suggèrent d’assister la vache après moins de deux heures de travail ou même moins si l’accouchement ne semble pas se dérouler normalement.

012 - SPEC - L&F - Figure 5 - Tableau

Le jugement du producteur devient ici le facteur le plus important pour une mise bas réussie. Les quatre points décisionnels suivant peuvent affectés dramatiquement le résultat final : la fréquence des observations, le temps d’intervention, le recours à l’extraction par la force, et l’intervention du vétérinaire.

Il est recommandé de vérifier l’état des vaches ou des taures durant le temps des vêlages à toutes les trois heures. Quoique demandant, cette pratique augmente grandement la survie des veaux.

Toute entreprise bovine de type vache-veau dépend, pour ses revenus, du nombre de vêlages réussi, c’est-à-dire, de la naissance de veaux en santé, qui pourront pour les mâles, être vendus pour l’engraissement, et pour les femelles, être gardées pour devenir les sujets de remplacement de demain. La perte d’un veau est une perte de revenu directe.

La réussite tient également compte de la santé de la mère. Celle-ci doit rester en santé et retrouver rapidement ses capacités de reproduction. Toutes séquelles à l’accouchement demanderont un remplacement de la bête, ce qui occasionne toujours des coûts additionnels.

 

Adapté de Calving and Handling Calving Difficulties de

Robert G. Mortimer, MS, DVM

Professeur associé,

Département des sciences cliniques

Colorado State University

En savoir plus

 

Soutenez la Journée mondiale de l’agriculture.

Devenez MEMBRE !

logo

 

Retour à l'accueil
Partager

SECTION RÉSERVÉ AU MEMBRE

POUR CONTINUER VEUILLEZ ENTRER
VOS INFORMATIONS ICI

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipisicing elit, sed do eiusmod tempor
incididunt ut labore et dolore magna aliqua. Ut enim ad minim veniam, quis nostrud