PLUS QU’UN
 MAGAZINE
UNE LÉGENDE

La fertigation dans la pomme de terre

009-photo 1-Fertigation PDT

La gestion raisonnée de l’irrigation est plus que jamais d’actualité dans la production de la pomme de terre au Québec. L’impact sur l’environnement, sur la productivité et sur la qualité de la récolte y est directement relié. Dans cette optique, l’entreprise Proculteur, qui cultive également le maïs, le soya et les céréales, travaille depuis quelques années à la modernisation et l’expansion de son système d’irrigation. Le système d’irrigation par canon, tiré par un enrouleur, a été remplacé par un système de rampes et pivots.

009-photo 3-Fertigation PDT

Toujours dans sa vision d’amélioration, plusieurs projets de gestion raisonnée de l’irrigation par tensiométrie et bilan hydrique en partenariat avec l’institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) sont en cours à la ferme. L’objectif est simple : s’assurer d’appliquer la bonne quantité d’eau au bon moment.

 

FERTIGATION = FERTILISER+IRRIGUER

Dans cet optique, l’utilisation des pivots rend possible la fertigation (fertilisation + irrigation) des champs de pommes de terre. Cette méthode, qui consiste à ajouter les fertilisants liquides à l’eau d’aspersion, est actuellement répandue dans l’ouest du pays et aux États-Unis. Comme aucun passage de machinerie n’est nécessaire, ceci allonge la période d’intervention de la fertilisation et apporte ainsi plus de flexibilité au système. Parmi les avantages connus de la méthode, nous notons : une réduction des risques de compaction du sol, une diminution des pertes de nitrate par lessivage et une réduction des coûts reliés à la fertilisation.

009-photo 2-Fertigation PDT

Lors d’un projet réalisé en 2014 et 2015, nous avons pu vérifier l’efficacité de la fertigation comme une méthode d’apport, supplémentaire ou non, d’engrais azoté. En effet, nous avons, à trois reprises durant la saison de croissance, ajouté un apport de 10 kg/ha d’azote à travers l’irrigation. Cinq des six traitements ont reçu un apport d’engrais azoté à la plantation de 100 kg/ha tandis que le sixième n’en a point reçu. Certains des traitements ont reçu des apports d’engrais granulaires en bande, fractionnée, avant les apports de fertigation. Le total des unités fertilisantes variait donc de 30 kg/ha de N (fertigation seulement) à 210 kg/ha de N (apport à la plantation, fractionnement et fertigation). L’essaie de 2014 à dû être rejeté suit à une mauvaise levée et la présence importante de résidus de mais de l’année précédente. Toutefois, en 2015, nous avons repris l’expérience, et ce dans deux types de sols différents.

 

RÉSULTATS

Ceci nous a permis de constater l’importance de l’apport en azote du sol. C’est-à-dire, que les tests de nitrates du sol et les mesures et les observations, nous ont permis de constater que le taux d’azote fournit varie grandement d’un type de sol à un autre et qu’il est intéressant, voir important d’en tenir compte dans le calcul de la fertilisation totale apporté à la culture. Ce projet nous a permis de constater que la fertigation est non seulement possible, mais qu’elle pourrait permettre de faire des économies de fertilisant tout en conservant une productivité adéquate de la culture. Dans la figure 1, les résultats démontrent que les besoins en azote varient grandement d’un site à l’autre basé sur le potentiel de rendement de ceux-ci. Sur le site #1, l’ajout de 130 unités d’azote a été suffisant pour atteindre le rendement optimum (ligne surlignée en jaune), tandis que sur le site #2, l’ajout de 170 unités de N fût nécessaire pour atteindre ce même rendement optimum (ligne surlignée en jaune).

009-SPEC-PDT - Fertigation dans la pomme de terre - Figure 1

Selon les résultats obtenus, une réévaluation des quantités d’azote nécessaire au moment de la plantation est aussi envisageable. Il faut aussi garder en tête que la fertigation est possible que s’il y a irrigation. Lors d’une saison pluvieuse, l’ajout d’engrais via les apports d’eau demeure plutôt difficile.

Dans les années à venir, l’entreprise souhaite pousser le projet plus loin. Elle désire augmenter l’efficacité de la fertilisation azotée et réduire les pertes d’azote par lessivage dans la pomme de terre et le maïs-grain. De plus, il faudra comparer la performance de la fertigation à la fertilisation minérale conventionnelle de la pomme de terre pratiquée jusqu’à ce jour, soit une fertilisation de démarrage et un fractionnement au renchaussage des pommes de terre. Nous sommes confiants que les résultats obtenus vont nous amener à changer, de façon significative, nos pratiques de fertilisation sur la ferme, toujours dans le but d’obtenir une qualité et un rendement supérieur tout en minimisant notre impact sur l’environnement.

Samuel Richard, Proculteur Inc.

 

Soutenez la Journée mondiale de l’agriculture.

Devenez MEMBRE !

 

logo

Retour à l'accueil
Partager

SECTION RÉSERVÉ AU MEMBRE

POUR CONTINUER VEUILLEZ ENTRER
VOS INFORMATIONS ICI

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipisicing elit, sed do eiusmod tempor
incididunt ut labore et dolore magna aliqua. Ut enim ad minim veniam, quis nostrud